Jeudi 24 mai 2007
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21:36
- Bonsoir.
Élise sursauta et manqua de s’étrangler avec sa gorgée de cocktail. Elle se retourna sur son
siège pour faire face à son interlocuteur et pâlit : Enrico... Il la regardait, les yeux mi-clos, les narines palpitantes, et Élise le trouva beaucoup plus terrifiant que sur les photos. Un petit
sourire en coin trahissait son amusement à la voir ainsi troublée.
- Bonsoir, finit-elle par réussir à dire.
Cette fois-ci sa voix n’avait plus sa belle assurance.
- Vous êtes seule? Cela me surprend
qu’une si délicieuse jeune femme ne soit pas accompagnée.
La voix était suave, un rien traînante. Il fallait qu’elle trouve vite une
excuse pour sortir, pour s’en sortir.
- Non, enfin si! bégaya-t-elle.
Elise ne le vit pas faire le moindre geste mais elle sentit soudain le dos de la main Enrico frôler lentement sa joue, son pouce s’aventurant sur ses lèvres. Le casque [de moto] qu’Élise
tenait toujours semblait peser de plus en plus lourd : elle eut l’impression qu’Enrico la privait de toute sa volonté, qu’il pourrait faire d’elle ce qui lui plairait sans qu’elle ne put vraiment
résister.
- Je devais retrouver un ami, mais il a certainement eu un empêchement. Tant pis, je vais rentrer...
Luttant contre ses muscles étrangement engourdis, elle fit un mouvement pour descendre du tabouret et s’en aller, mais Enrico l’attrapa par le
cou.
- Ce serait bien dommage que vous nous quittiez si tôt, nous venons juste de nous rencontrer...
Ses yeux bruns brillaient à la fois de plaisir et de malice, Élise se sentit prise au piège. Un court instant elle envisagea d’appeler à l’aide, mais
réalisa que personne ne viendrait l’aider... De plus, ce serait certainement le plus sûr moyen pour se discréditer complètement.
-
Barbara!
Une voix claire venait de résonner dans le dos d’Enrico. Ce dernier se retourna, visiblement surpris, mais il ne lâcha pas sa
proie.
Il était plutôt grand, brun, vêtu d’un jean et d’un blouson de cuir marron qui semblait avoir déjà bien vécu. Il arborait un
sourire franc et sûr de lui, Élise accrocha son regard comme un naufragé une bouée de sauvetage.
- Vincent? Tu veux dire... qu’elle
est avec toi? demanda Enrico, de plus en plus surpris.
- Et oui, Enrico laisse-moi te présenter Barbara, une... bonne
amie.
Son sourire avait changé, durant un instant une ombre machiavélique s’était dessinée sur ses lèvres, et Élise se demanda si elle
devait vraiment se sentir soulagée par les mensonges de cet homme... En tout cas, Enrico la lâcha, et la jeune femme trouva cela plutôt positif. Maintenant, il fallait qu’elle réagisse vite,
qu’elle reprenne ses esprits.
- Bonsoir Vincent, fit-elle avec un petit sourire, je croyais que tu ne viendrais
plus...
Il se déplaça rapidement et vint à ses côtés. Très naturellement, la main de Vincent se posa sur l’épaule de la jeune femme.
Leurs regards se nouèrent...
- Je ne t’avais pas vu rentrer, excuse-moi.
Enrico les fixa l’un après l’autre, jaugeant certainement de la véracité de leurs propos, puis un grand sourire étira ses lèvres, révélant des dents d’une blancheur
impeccable.
- Bien, fit-il, puisque vous êtes ensemble tout va pour le mieux... Passez une bonne soirée.
Enrico fit un pas vers Vincent et posa une main sur son épaule.
- Cela faisait
longtemps... souffla le géant blond à son oreille.
Doucement, Vincent poussa la jeune femme vers la sortie. Elle n’émit d’ailleurs
aucune objection...
Extrait du chapître 1 : Secret
Par Enrik Cavallier
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Publié dans : Extraits
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