Mardi 17 juillet 2007
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10:00
Je connais ce regard que tu poses sur moi :
Quand je t'ai rencontré tu avais celui-là,
Un peu paumé, hésitant, j'attends tes propos...
Mon coeur alarmé devine déjà tes mots.
Tu les as prononcés il y a bien longtemps
Pour cette autre femme que je haïssais tant,
Celle que tu avais connue bien avant moi,
Celle qui hurlait tant, accrochée à ton bras.
Aujourd'hui, c'est mon tour, je le sais, je le sens :
Tes mains me repoussent, même ton regard fuit,
Ta voix, soudain courageuse, se raffermit.
Je tremble et ferme les yeux, juste un instant...
C'est dit. Quelques mots bien sentis ont effacés
De longues, paisibles et si belles années.
Tu parais satisfait, voir même soulagé :
Je plaide coupable pour t'avoir trop aimé...
Oublions, si tu le veux, ces moments à deux,
Gommons de concert les souvenirs ennuyeux,
Ces si grands rires, ces étoiles dans nos yeux,
Tous nos fous désirs, éloignons-les peu à peu.
Je suis trop fière pour m'accrocher à ton bras,
Trop orgueuilleuse pour t'avouer ma souffrance.
J'irai seule pleurer dans mon refuge, là.
J'y tiendrai compagnie au paisible silence.
L'impuissance succédera à mes sanglots.
Sur mon mal je poserai, délicats, mes mots.
Je recouvrirai d'un suaire notre amour mort,
Mais le porterai en moi pour longtemps encore...
Dans le silence de la nuit,
Nos routes s'éloignent sans un bruit...
Par Enrik Cavallier
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Publié dans : Petites poésies entre amis
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