Jeudi 20 décembre 2007
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18:33
Oui, alors là,
fatalement, avec un titre pareil, je n'ai pas résisté longtemps à l'appel de ce bouquin ! Quelle provocation ! Mais qu'il est con ce Carl pour oser pareille affirmation ! LOL
Et puis, il y a la quatrième de couverture qui m'a fait immédiatement sourire : "Contrairement à l'idée répandue, les cons ne sont pas réformables; les campagnes de
prévention ou les actions pédagogiques n'ont pas de prise sur eux. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais à se tenir tranquille : la peur."
Là, on savoure par avance.
Le roman est écrit à la première personne, et l'on se retrouve donc au centre du questionnement du narrateur qui met près de 200 pages à comprendre que les mecs qu'il
bute sont en fait des cons ! Il nous livre une théorie complexe, une démarche scientifique, et explore l'univers de la connerie. Qui sont ces cons que nous croisons tous les jours ? A quoi les
identifier formellement ?
Bien sûr, on sent un peu le vent venir à la fin, et certains passages frôlant la philosophie ont été lus en diagonal, mais dans l'ensemble, c'est un régal
!
D'où a bien pu lui venir cette idée ? Carl Aderhold a-t-il mis en pratique ses théories ? !
Pour le plaisir, un passage que j'ai adoré :
"Je me résignai donc à prendre rendez-vous, dans l'espoir que cela mettrait fin aux sollicitudes de ma chef. L'ostéopathe me fit entrer dans son cabinet, me posa deux ou trois questions dont je ne compris par bien l'intérêt ("Etes-vous d'un tempérament coléreux ? Mangez-vous beaucoup de fibres ?
Rêvez-vous souvent de voler ?"), puis m'invita à me déshabiller et à m'allonger su une moquette blanche et épaisse. Malheureusement pour moi, le matin même, j'avais ciré mes chaussures et en
les ôtant d'un geste un peu brusque, je fis une trace de cirage noir sur la moquette. Il mit une musique douce et alluma quelques bâtons d'encens, ce qui instantanément me mit les nerfs en
pelote. Il posa ses mains sur mon dos, puis sur mes hanches. Il plaça ses paumes à un endroit précis et nous restâmes ainsi pendant de longues minutes sans bouger, avant qu'il ne change de
position. Plus l'ambiance devait m'amener au relâchement, plus je sentais au fond de moi le stress m'envahir. La musique et les bougies suggéraient un univers apaisé... apaisé... Une rage
sourde, profonde, exaspérante comme des impatiences dans les jambes, m'envahit. Nos regards se croisaient - je m'imaginais lui décochant un coup de boule -, le sien s'efforçait d'exprimer un
état d'équilibre - un vrai coup de boule qui lui briserait le nez juste en dessous de l'arête - , une sérénité professionnelle qui se voulait exemplaire - le sang coulerait le long de sa
bouche, tâcherait sa blouse blanche...
- Vous vous sentez détendu ? me demanda-t-il.
- Oui, fis-je.
Il me dit de me rhabiller, m'interdit pendant deux jours le moindre effort et me prescrivit de prendre un bain chaud. En fait d'effort, je me contentai le soir même d'un simple coup de pince
qui sectionna le câble de freins de son scooter, ce qui lui fut fatal au premier carrefour."
Par K.Rine
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Publié dans : La vraie littérature
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