19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 18:13
Elle a fait polémique cette baffe !
Et tout en ne pouvant excuser l'attitude de mon collègue, je crois qu'il serait temps de remettre les pendules à l'heure à pas mal de parents...
Bref, un grand texte que celui qui suit !

Ruffo.jpg

Suite au commentaire encore une fois très désobligeant de Pascal Candia qui, myope comme une taupe qui refuse de porter des montures en plomb pour personne dure d'oreille, je recopie ci-après le texte éminemment intéressant demonsieur Ruffo...
Moi qui pensait pondre un petit truc vite fait sans trop me faire ch***, c'est loupé ! LOL

Pédopsychiatre, le professeur Marcel Ruffo est reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de l'enfance et de l'adolescence. Son dernier ouvrage : "La vie en désordre" (Anne Carrière Editions)

Un professeur a giflé un élève qui l'a traité de "connard". L'attitude la plus simple, mais la plus "faux derche", consiste à s'inspirer de Ponce Pilate : "Il en faut pas qu'un professeur gifle un élève, et il ne faut pas que celui-ci insulte son enseignant".
Mais le représentant de Rome en Palestine était un personnage public et il nous faut retourner vers l'hyopcrisie et la médiocrité du quotidien : "Il aurait fallu s'arranger en interne, redire la loi à ce préadolescent et rappeler sa mission à l'éducateur". Il y a donc quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark.

Cette année, 1 760 dossiers ont été instruits pour insultes, menaces et coups sur le personnel enseignant, c'est beaucoup par rapport aux 57 dossiers d'enseignants accusés d'avoir frappé leurs élèves. Je sens gronder dans vos têtes la pensée individualiste dominante : "Ne touchez pas à mon enfant !" Mais un enfant peut-il se construire sans l'école ? Doit-on tenir pour quantité négligeable le passeur de culture que représente l'instituteur ? On dirait que monsieur Germain est devenu un mythe. Lisez en annexe du Premier Homme d'Albert Camus la lettre de l'instituteur au petit Albert. Il vient d'avoir le prix Nobel de littérature ; il a, comme vous le savez, perdu son père très tôt et sa mère est illettrée. Camus dit à son vieil enseignant qu'il a pensé à lui lors de la remise du prix. La réponse du vieil instit est sublime : il décrit la joie et le plaisir qu'il éprouvait tous les matins de retrouver son élève et de voir dans ses yeux le bonheur des découvertes que le pédagogue lui apportait. Ce n'est pas de l'utopie, c'est la vie de Camus.

L'incroyable chance d'avoir dans notre pays une éducation nationale ouvrant toutes les chances, qu'il ne faut pas confondre avec réussite sans effort, vaut bien tous les gisements pétroliers du monde. Vous avez compris, je suis du côté de l'école. En traitant son enseignant de "connard", ce jeune garçon détruit le trésor qui lui est proposé. Je pense que le métier des parents, une fois pour toutes, consuite à imposer le respect des profs à leurs enfants. Après "connard", le coup de boule à son père est en marche. L'insulte est un coup qui détruit l'image de soi.

La fierté des enfants issus d'un milieu modeste ou pas, et qui vont à l'école, c'est d'être le moyen de porter une espérance d'ascension et de changement social en hommage à leurs parents. L'école ne sert plus à rien si les consommateurs gâtés, gavés de présents, ne comprennent pas que c 'est un moyen splendide d'évolution. Ton père est migrant, ta mère travaille, ton père est gendarme : ils veulent que tu réussisses mieux. La dignité, c'est le respect de l'autre, l'adaptation à l'autorité. En dehors des performances scolaires si importantes, les parents doivent être fiers qu'on leur déclare la qualité de politesse, de courtoisie, et d'adaptation de leurs enfants. Oui, il faut élever ses enfants !

Sinon, que restera-t-il ? Le talion, les menaces ? Ce fait divers est passionnant car il nous montre notre confusion sociétale : un élève insulte, un professeur gifle et le père gendarme porte plainte. Je suis du côté de l'enseignant, car à notre époque et bien loin des Hussards de la IIIème République, il est fragile. Je suis pour la défense absolu des passeurs de culture, contre la barbarie, je suis pour les enseignants de maternelle, du primaire, du collège, du lycée et des facultés. Les parents ont les enfants qu'ils méritent. Vous ne pouvez admettre que votre fils insulte un enseignant, vous penseriez alors que vous avez échoué dans votre mission éducative, voire affective. Bien élever son fils, sa fille, n'est pas une attitude de classe sociale, d'origine, c'est simplement la preuve qu'on les aime.

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commentaires

Pascal Candia 26/02/2008

désobligeant toi-même, crapaud ! on lit pas, on lit pas ! hi hi ! qu'est ce que tu veux que je te dise ! bon maintenant, j'ai lu !et chuis dacodac ! les limites permettent aux enfants de se construire ! la passivité est le pire fléau et conduit au manque de repères. Donc à l'insécurité et la souffrance... Les parents ne peuvent pas décemment souhaiter ça, car l'enfant en serait malheureux...
Enfin, ce que j'en dis...
ce n'est que mon avis.
Biz du myope pas myope ! Pascal

syboule 03/03/2008

j'ai toujours trouvé Marcel Ruffo , très logique, très "piqué au coin du bon sens "
je suis pleinement d'accord avec ce qu'il a dit , et j'aime cette phrase positive: "L'incroyable chance d'avoir dans notre pays une éducation nationale ouvrant toutes les chances, qu'il ne faut pas confondre avec réussite sans effort, vaut bien tous les gisements pétroliers du monde."

mon époux est prof et il souffre parfois du comportement de certains élève, il en souffre, non pas parce que ceux-ci sont inccorrect irrespectueux voir parfois violent (même s'il le dit il y a des moment ou la goutte n'est pas loin de déborder!!) il en souffre parce que les parents ne font rien qu'il préfère tout reprocher au prof... et parce qu'il voit l'immense gâchis de certains élève franchement doués !!

MERCI POUR CET ARTICLE

L.Lène 05/03/2008

Où est-il le temps où l'on craignait le fatidique "Mlle MENARD vous allez finir dans la classe de Madame... si vous continuez!" et là je me terrais sur mon banc en frissonnant de terreur!! En milieu rural avec des classes uniques de 18 élèves sur 4 niveaux moi je dis que ce n'est pas facile mais je m'insurge contre le maître de mes enfants qui tolère le "Tu" ! Le respect commence là ! pour parler au Maître le vous est de rigueur! Il a fallu l'autre jour que je fasse toute une apparté à mon fils de 6 ans qui venait de tutoyer un monsieur de 60 qu'il ne connaissait pas, qu'il fallait dire "vous" à un adulte. Je ne dis pas de revenir à des principes d'antant! En primaire une instit Italienne nous tirait les cheveux ou bien la joue, moi perso cela ne m'a jamais tué, et les punitions des Bonnes Soeurs ne nous ont pas laissé de trop mauvais souvenirs, hein K.Rine!! Et puis de toutes manières maintenant même des mots à copier pour punition les parents n'acceptent pas ! et c'est vrai ils s'en prennent au prof !
Mais pour apprendre à lire c'est b+a = ba alors pour apprendre le respect c'est dabord dire Vous !

Ozein 17/03/2008

Pour être un bon prof, il faut du caractère, de l'ouverture d'esprit, de l'empathie, de la curiosité... toutes les qualités requises pour être un bon élève.

Tant que ceux-qui-gouvernent-le-monde ne pourront briser l'intégrité la la profession d'enseignant, nous pourrons garder notre Liberté de Pensée.

J'avais mon mot à dire, c'est fait.

Courage !

Ozein

didou 29/09/2011


Personne n'est infaillible. Regarder les sanctions prévues dans les écoles en cas de non respect réitéré du règlement : 1. l'école buissonnière 2. le renvoi. Grandiose.

J'ai rencontré des pédophiles (dont un directeur d'école), des fumeurs des alcooliques et des dépressifs à gogo ("exercices 12 à 24, bon courage, à dans 50min"), un soir que j'étais mal en point un
cpe qui ne m'appréciait pas fait dire à mon père, via le concierge (alors que son appart de fonction était à 100m et qu'il est descendu juste après le départ de mon père, autrement dit un modèle de
courage & de vertu) venu me chercher que non, il avait arbitré que je ne quitterai pas l'internat (à tendance sadique, despotique, les abus de pouvoir allaient bon train), un prof de sport qui
estimait que j'étais trop longue à me rhabiller m'a sciemment laissée au gymnase (12ans, perdue dans un quartier hyper craignos.. normal. j'ai été contente quand six mois plus tard il s'est fait
pincé pour attouchement et qu'on l'a viré), un corruptible aussi, qui négociait les dates des contrôles avec des boîtes de Léonidas ou des tickets de concert.. et j'en passe une li-ta-nie...
(désolée, en proportions plus large que de "bons" profs)

C'était peut-être un "connard" ce type, après tout? Vous étiez là, vous? Tout le monde jase et théorise à qui mieux mieux.. La condition des professeurs vous inquiète? Soyons francs, qui est
descendu dans la rue mardi? Allez, va. Passons.

Transmise via une inspectrice de l'éducation nationale à la retraite, les vidéos de Franck Lepage, comédien (aussi). Il décrypte le système éducatif in spectacle "Inculture2" (écoutez au moins la
dernière demi heure si la forme vous irritait), son témoignage et sa vision sur le moyen terme sont précieux. A voir, à méditer, et à transmettre...


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