Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 09:07
arbre-g-n-a.jpg Bonjour mes chers blogonautes !

Je vous l’avais promis il y a pas mal de temps, et comme j’ai la sale manie de tenir parole (faudra que ça me passe un jour, lol !), je souhaite aujourd’hui vous offrir la scène d’ouverture de mon prochain roman.

Pourquoi ? Diantre, vous faut-il donc toujours une raison pour tout ?!
Et bien tout d’abord pour remercier les cinquante personnes qui ont déjà souscrit pour Le Roman de Marjolaine.
Grâce à elles, la moitié du chemin vers la parution de mon premier roman est déjà fait. Elles m’ont fait confiance, et je compte que leur gentillesse exemplaire pousse mes autres blogonautes à faire de même.
Je sais, ce n’est pas facile, et je savais que recueillir 100 souscriptions ne serait pas une partie de plaisir. Cela veut dire convaincre 100 personnes de s’intéresser pendant quelques minutes à mon roman, qu’elles prennent le temps d’y penser tout d’abord, puis d’imprimer le bon et de le remplir, puis de faire le chèque, et enfin de mettre le tout sous enveloppe, laquelle doit atterrir dûment affranchie dans la boîte aux lettres la plus proche ! Expliquer ainsi, au sein de notre société où beaucoup de gens pensent surtout à eux et courent désespérément après la fuite du temps, on comprend que ce n’est pas gagné !
Mais je continue à y croire, car parallèlement certaines personnes se sont révélées extraordinaires.
Et pour n’en citer qu’une, je vous parlerai de mon vétérinaire, Monsieur D. C’était le lancement des souscriptions, et je me retrouvais le vendredi après-midi dans son cabinet à cause d’une de mes bestioles qui était mal en point. Après la consultation, nous papotons un peu car nul autre client n’avait pointé le bout de son nez… A la question « Et vous alors ? Que devenez-vous ? », je saisissais la perche tendue pour lui parler de mon roman. Il semble intéressé et me demande de lui laisser l’url de mon blog pour qu’il aille voir. Ecrite à la va vite sur un papier de 5 cm2, inutile de vous dire que cette url était faite pour se perdre ! Imaginez seulement ma surprise lorsque le lundi midi suivant un mail de mon éditeur m’annonce avoir reçu une souscription d’un certain monsieur D… ! C’est le genre d’aventure qui met du baume au cœur… ☺

Donc, pour tous ceux qui n’ont pas encore osé se lancer dans l’aventure et qui voudront bien prendre un peu de leur temps pour cela, je vous rappelle qu’il vous suffit de télécharger le bon ici ! ;)

Allez, trêve de blabla. Je sais très bien pourquoi vous êtes ici, aussi voici mon petit cadeau.
Il s’agit de la scène d’ouverture du roman que je suis en train d’écrire et dont le titre, non définitif, est : L’arbre de Johanne.

Très bonne lecture à tous ! ☺

Chapitre 1
Johanne s’ennuyait ferme derrière sa caisse enregistreuse. Son regard clair perdu au-delà des portes coulissantes de l’unique supérette de la bourgade, elle tapotait le bord du tapis roulant avec un stylo. Elle tira avec ennui sur la jupe noire que son patron lui demandait de porter en guise d’uniforme alors qu’elle détestait se vêtir ainsi. Quand au corsage vert à manche courte, elle le haïssait tout autant car il moulait bien plus que nécessaire son corps ferme et souple. Elle profita de son agacement pour pester contre ces chaussures noires dont les talons, pourtant très sages, lui assuraient de se tordre la cheville au moins une fois par jour. Que n’eut-elle pas donner pour aller rechercher dans son vestiaire son jean délavé, son large tee-shirt blanc et sa paire de tennis… Elle avait bien tenté de discuter de tout cela avec son patron un jour, mais il était demeuré inflexible : elle devait porter l’uniforme de la chaîne de supérette et dignement représenter leur image auprès des clients.
Johanne soupira de contrariété. Comme si les clients en avaient quelque chose à faire de sa tenue ! Elle connaissait bien quelques vieux lubriques pour jeter un coup d’œil sur ses longues jambes... Les autres, principalement des femmes d’ailleurs, ne se seraient jamais permis de tels regards !
Dehors, la chaleur du plein été rendait tout déplacement pénible pour la population majoritairement retraitée des alentours. Face à la supérette, derrière une petite place fleurie de délicates impatiens et ombragée par de vieux peupliers, la mairie dressait sa façade monotone. Le drapeau tricolore pendait au bout de sa hampe. Il n’y avait pas un souffle d’air. Ni l’ombre d’un être vivant.
Personne.
Seule à l’une des trois caisses du magasin, elle n’avait même pas le réconfort de papoter avec une collègue. « Ah ! Si seulement Myriam était là. » songea-t-elle avec regret. Sa volubile camarade lui aurait sans doute raconté sa soirée avec son dernier petit ami en date…
Dans le silence du magasin, elle ne pouvait ôter de son esprit les dernières découvertes qu’elle venait de faire.
La jeune femme soupira en passant une main dans ses cheveux pour vérifier qu’aucune mèche rebelle ne s’échappait de sa queue de cheval.
Blonde depuis son enfance, Johanne Sonneur était éternellement coiffée d’un large chouchou qui maintenait en arrière ses fins cheveux. C’en était devenu une plaisanterie familiale le jour où son père avait décidé de lancer des recherches dans tous leurs albums photos pour en trouver une où Johanne ne serait pas coiffée ainsi… La recherche avait été vaine. Et l’on en parla longtemps chez les Sonneur lors du repas dominical. Sa jeune sœur avait alors cru bon de l’affubler du sobriquet de « Houppette », au grand désespoir de son aînée…
L’hôtesse de caisse eut l’impression de sentir la main de son père passer sur sa tête avant de tirer gentiment sur sa coiffure, pour la taquiner. Ce geste affectueux, qu’il avait adopté alors qu’elle n’était encore qu’une enfant pleine de tâches de rousseur, n’avait pas disparu avec le temps. Johanne adulte, il arrivait encore à Michel Sonneur de laisser glisser sa main dans la queue de cheval, cherchant même parfois à ôter le chouchou, déclenchant les protestations de sa fille. Il posait alors sur elle des yeux rieurs, lui affirmant qu’elle était bien plus jolie ainsi. Mais, têtue comme tous les Sonneur, l’aînée de la famille rattachait immédiatement ses cheveux lançant à son père qu’elle faisait ce qui lui plaisait. Dans les mois qui avaient précédé la disparition de son père, Johanne avait soudainement remarqué le voile de tristesse qui se posait alors dans son regard, comme une mélancolie que rien ne pouvait véritablement effacer…
Des talons claquant rapidement dans l’allée des confitures tirèrent la caissière de sa rêverie. Perdue dans ses pensées, elle en avait presque oublié Mme Ruder qui était rentrée dans la supérette une vingtaine de minutes plus tôt. La quinquagénaire loquace apparut avec un caddie bien rempli. Elle adressa un grand sourire à l’hôtesse de caisse en prenant garde de poser en premier sur le tapis les produits les plus lourds.
Assise sur son inconfortable haut tabouret, l’aînée des Sonneur commença à passer devant le lecteur de codes barres les boîtes de conserves de sa cliente.
  - Ah ma chère Johanne ! démarra avec fougue Madame Ruder. Il faut que je vous raconte la dernière de ma fille !
  - Je vous écoute, répondit aimablement l’employée.
  - Figurez-vous qu’elle a encore changé de petit ami il y a trois mois. Mais elle ne me l’a pas dit ! Evidemment, je m’en suis aperçue car…
Les bips de la caisse enregistreuse berçaient Johanne aussi sûrement qu'une chanson douce. Loin, très loin, du tapis roulant où défilaient les courses de Mme Ruder, l'esprit de la jeune femme venait une nouvelle fois de fuguer sans prévenir. Involontairement, il tentait de rassembler  toutes les informations qu'elle avait collectées ces derniers jours. Il y en avait trop.
Trop d'un coup.
Elle ne parvenait plus à remettre les noms et les dates en ordre. Firmin, était-il son arrière-grand-père ou son grand-oncle ? Et Marcel ? Le frère de Firmin ou celui de sa grand-mère maternelle ? Non, décidément, elle allait devoir tout reprendre ce soir, en rentrant. Peut-être même irait-elle s’installer dans le calme de la bibliothèque municipale flambante neuve ?
La jeune femme repoussa machinalement une mèche blonde qui venait de s’échapper de sa queue de cheval, et soupira : allez, encore une petite heure et elle pourrait se replonger dans l’arbre généalogique de sa famille maternelle !
  - ... donc cette année, c'est la bonne ! s'exclama Mme Ruder.
Johanne masqua sa surprise sous un charmant sourire, espérant que sa cliente ne lui poserait pas une question embarrassante l'obligeant à lui révéler qu'elle n'avait pas suivi un mot de la conversation.
  - Pas de Catherinette pour elle, continua la quinquagénaire qui n'avait rien remarqué. J'avoue que j'ai été soulagée par cette annonce !
Johanne sourit gentiment en laissant ses doigts courir sur les touches de la caisse.
  - Et vous, ma petite Johanne, bientôt mariée ? questionna Mme Ruder en enfournant un paquet de biscotte dans son sac en plastique.
La jeune caissière ouvrit de grands yeux et bégaya un vague "Non" embarrassé.
  - Allons, allons, ne soyez pas si timide ! Cela vous arrivera bien un jour !
Un frisson glacé parcourut chacune des vertèbres de la jeune femme, comme un blizzard franchissant d’un bond de minuscules collines.
Mariée ?
Il y avait peu de chance qu'elle en eut le temps...
  - Ca vous fait 52 euros et 34 centimes s'il vous plaît, coupa-t-elle court d'un ton très professionnel.
Mme Ruder lui lança un petit coup d'œil en biais, mais se résolut à ne pas insister. Elle quitta la supérette avec un petit "Au revoir" un peu gêné. L’employée respira profondément pour tenter d’arracher cette main glacée qui lui serrait le cœur.
Mariée ?
Si seulement Mme Ruder savait...
  - Coucou Houppette ! fit une petite voix légère.
Johanne se tourna vers sa sœur cadette.
Pimpante dans un corsage orangé largement décolleté sur sa poitrine généreuse, Magalie posait sur son aînée des yeux bleu marine légèrement maquillés. Elle sortait apparemment de chez le seul coiffeur du coin : ses cheveux étaient d’un noir de jais et arboraient une savante coupe dégradée qui frôlait ses épaules.
  - Hé bien ! La dernière fois que je t’ai vu il me semblait que tu étais rousse… fit l’aînée des Sonneur, absolument pas surprise par ce changement d’apparence.
  - Bof, ça m’allait pas. Pis c’est trop compliqué pour assortir avec des fringues de couleur.
Johanne posa sur sa cadette un regard bienveillant : elle aussi avait eu une période où elle avait cherché son style. Elle avait alors dans les vingt ans et, sous prétexte d’être majeure, était allée jusqu’à se faire tatouer. Elle aimait rencontrer le regard désapprobateur de ses parents quand elle exhibait une nouvelle folie. Elle n’avait pourtant jamais pu se résoudre à changer de coiffure.
Quand elle rentrait affronter le courroux de ses parents suite à une nouvelle excentricité, elle appréciait aussi la lueur d’admiration qui passait dans le regard de Magalie. Mais cela lui paraissait loin à présent…
C’était avant la mort accidentelle de leur père. Et depuis, son apparence extérieure ne la préoccupait plus vraiment.
  - T'as pas l'air dans ton assiette...
Johanne fit la grimace, peu décidée à exposer une énième fois ses soucis à sa jeune sœur dont elle connaissait déjà la réaction.
  - A propos d'assiette, reprit Magalie en posant un paquet de pastilles mentholées sur le tapis roulant, tu n'oublies pas qu'on fête ton anniversaire samedi soir ?
Johanne attrapa la petite boîte rectangulaire et tenta un sourire peu convaincant. Ses vingt-cinq ans. Elle aurait tout donné pour ne pas franchir ce cap...
  - On se fait un petit truc en famille, hein ? questionna presque anxieusement la jeune femme.
  - Ouais ouais, t'inquiète... éluda sa sœur.
Magalie fit une bulle avec le chewing-gum qu'elle malaxait consciencieusement depuis le début de leur conversation, et tira un petit porte-monnaie rouge de son jean noir. Elle tendit un billet à Johanne et posa sur elle un regard appuyé.
  - Tu nous amènes quelqu'un ?
  - ... Heu, non...
Qu'avaient-ils tous aujourd’hui à vouloir la caser ?

Par K.Rine - Publié dans : Extraits - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Commentaires

elle a seulement 25 ans?? je lui en aurai donné 40, peut être 35 tout au long du texte!!! et pourquoi "mariée, si seulement elle savait". Elle est où la suite ??? décidément, ça fait trop longtemps que je ne suis pas venue ici ! et tu ne peux pas savoir à quel point ça m'agace de ne pas pouvoir t'aider à te faire publier... Il y a 6 mois, j'aurai fait ça les yeux fermés, aujourd'hui, financièrement, je ne peux pas vraiment pas me le permettre et tu ne peux pas savoir à quel point je m'en veux!!!
Commentaire n°1 posté par Emeraude le 29/03/2008 à 22h29
Hi hi hi, ça pour le savoir, faudra acheter le bouquin SI :
* les EMC en veulent bien
* il est publié !

Quant à ta frustration, franchement, je te l'ai déjà dit : déculpabilise !!! On en fera tourner un exemplaire dans ton petit groupe de copains lecteurs assidus comme toi si cela te tente ;)
Bisous
K.
Réponse de K.Rine le 29/03/2008 à 23h36

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À quel nom ?

En résumé...

Les maux s'envolent mais l'écrit reste...

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