Je l'ai su dès que je t'ai vu, ton petit corps
Gisant sur le côté. Tu respirais encore.
Tu as paru joyeux d'être là contre moi.
La lutte a commencé : je t'ai nourri trois fois,
Mais si ton coeur pugnace battait toujours fort,
Tes yeux me questionnaient sur ta prochaine mort.
A défaut de manger tu mourrerais de faim,
Etait-ce digne de toi une telle fin ?
Alors je t'ai pris tendrement contre mon sein,
Je vais te tuer, tu sais, mais c'est pour ton bien...
Je savais le verdict bien avant qu'il ne tombe,
Alors que tu languissais dans ma main en émoi.
Avais-je le droit de te conduire dans l'ombre ?
Dans cet endroit secret d'où l'on ne revient pas ?
Nos regards accrochés nous cherchions en l'un l'autre
La force, le courage pour ce dernier pas...
Tu gisais sur la table, juste sous mes doigts,
Tandis que l'aiguille se plantait sans effort.
Mes doigts glissèrent lentement sur ton chanfrein,
Je suis en train de tuer, mais c'est pour ton bien...
Comme il bat sous ma paume ce coeur bien puissant,
Comme il me fait confiance ce regard si franc.
Tu ignores, c'est sûr, la raison de mes larmes
Tandis que s'envole en douceur ta petite âme.
La souffrance me foudroie mais c'est toi qui meurt
Il n'y a nul remède contre ma douleur.
Pourtant, je sais mon choix tout à fait rationnel
Mais chacun des battements de plus en plus faible
De ton coeur encore en vie fait céder le mien.
Je t'ai tué, enfin, et c'était pour ton bien...
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Bienvenue dans mon Petit Monde qui ne tourne peut-être pas toujours très rond : et pourtant, il tourne! Venez partager mes écrits et vous détendre un peu... Un p'tit café ?
Vous me dîtes :