Samedi 12 juillet 2008
Il est minuit vingt, et je viens de terminer une belle scène de mon second roman.

Il est tard, et cela n’a rien de bien raisonnable d’écrire à cette heure-là, mais étrangement c’est à ce moment précis de la journée que je suis la plus inspirée, la plus dans mon histoire, la plus à même de coller aux émotions de mes personnages. C’est donc pour moi un moment de choix. Peut-être parce que je suis la seule encore debout à cette heure, seule âme encore consciente de la maison, et que loin des obligations qui sont les miennes je peux enfin en toute simplicité me laisser aller à ce que je fais de mieux : écrire.

Mais c’est aussi une angoisse de voir que je ne parviens à écrire qu’au delà d’une certaine heure. Car c’est aussi à cette heure-là que je devrais dormir afin d’être en forme pour mes élèves le lendemain. Bon, évidemment, en ce moment je n’ai pas ce genre de contrainte, mais par la suite ? Combien de temps d’écriture perdu parce que je serai trop fatiguée le soir pour patienter jusqu’à 23 heures que toute la maisonnée somnole pour me mettre au clavier ?

Comment trouver ce que mon éditeur appelle « ma ration journalière d’écriture » ?

J’ai déjà entendu des écrivains dire qu’ils écrivaient tôt le matin, aux aurores, eux aussi quand tout le reste de leur famille dormait d’ailleurs ! Me lever tôt n’est pas un souci pour moi, mais l’après-midi je vais dormir en classe !! (rires). Non, sans rire. Je suis de ces personnes que six heures de sommeil ne satisfont pas. Il m’en faut au moins sept ou huit pour être performante… Difficilement compatible donc d’écrire jusqu’à minuit et de se lever à 6h20…

D’un autre côté, c’est un tel moment de bonheur quand, comme ce soir, je boucle une scène dans l’euphorie, en me disant que sur ce coup-là j’ai été performante, ou bien que j’ai les larmes aux yeux parce que c’était un passage triste (si si, rigolez pas, ça m’arrive sur certaines scènes quand je suis complètement dedans !)…
Et puis j’ai besoin d’écrire, c’est indéniable. Que ce soit bon ou mauvais, il me faut inventer régulièrement des histoires et les coucher par écrit. Sinon je suis frustrée et malheureuse, « en manque » d’écrire ce qui peut même me rendre un peu irascible dans les cas extrêmes… C’est donc une nécessité de me mettre devant mon clavier pour y faire vivre mes personnages. Et ces instants-là sont tellement précieux qu’ils vaillent bien quelques bâillements le lendemain… Non ?

K.Rine
par K.Rine publié dans : Je suis écriveronne communauté : Passion: l'écriture
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