Dimanche 13 juillet 2008
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Vous rappelez-vous qu'au début de cette année scolaire je vous avais dit que nous
allions écrire une nouvelle médiévale fantastique avec ma classe ? Non ? Petit rappel alors :
* Les enfants écrivent une nouvelle - 1
* Les enfants écrivent une
nouvelle - 2
* Les enfants écrivent une nouvelle - 3
C'est donc bien ce que nous avons
fait !
Tous les mardis, nous nous sommes retrouvés en demi-groupe pour travailler autour de cette nouvelle, monter le plan, décrire les personnages, et surtout écrire l'histoire ! Je dois reconnaître
que les gamins ont été extraordinaires car ils ont tous joué le jeu, même les plus fainéants et les moins enclins à se mettre à écrire ont, un jour où l'autre, produit un passage que nous avons
pu insérer dans la nouvelle.
Et puis Michel Champendal est venu plusieurs fois dans l'année
nous donner un coup de main, et je dois dire que sa formation a réellement permis aux enfants de se lancer dans l'écriture.
Mais trève de blabla (je continuerai la prochaine fois ! lol), voici le début de la nouvelle des CM1a :
UN TOURNOI POUR CLAIRE
Blanche comme la neige, et confortablement installée sur le lit de sa maîtresse, Cristal regardait la Princesse Claire se lamenter. Elle miaula pour attirer son attention. Mais la jeune fille ne
l'écoutait pas, toute à son chagrin...
On frappa discrètement à sa porte.
- Entrez, dit la princesse Claire sur un ton larmoyant.
La porte s'ouvrit et le roi apparût. Il était fort, plutôt grand avec un peu de ventre, et portait une cape gigantesque rouge et noire. Sa
tenue était brodée de fourrure plus blanche que la neige. Son épée argentée, dont le manche en or était orné de diamants, scintilla sous un rayon de soleil. Ses cheveux, à la fois blonds et
blancs, faisaient ressortir ses yeux bleus brillants comme de l'eau. Sa barbe blanche était devenue très épaisse au fil des années. Sa couronne était magnifique. David VIème, dit "Le
Grassouillet", se tenait devant sa fille.
Il vit immédiatement que Claire était en larmes. Il parût avoir un peu de regrets dans les yeux, mais il se reprit très vite. A l'extérieur,
des sujets, en particulier des femmes, gloussaient dans le couloir, enchantées d'avoir croisé leur souverain. Il leur ferma la porte au nez et de grosses bagues tintèrent à ses doigts. Il ne se
sentait pas très à l'aise, peu habitué à discuter avec sa fille.
- Qu'as-tu, mon trésor ? demanda le roi.
- Je suis sûre que tu le sais, pleurnicha la princesse Claire. Toi, tu as épousé celle que tu aimes, alors que moi...
Le roi prit le temps de s'assoir sur un coffre au pied du lit de sa fille.
- Tu sais, ma fille, moi non plus je n'ai pas choisi mon épouse : c'est ma mère qui me l'a choisie.
- Ah oui ? s'étonna Claire.
- Et tu vois bien que nous nous aimons finalement.
Un rayon de soleil tomba sur la tête de la princesse Claire. Le roi sursauta violemment en découvrant les mèches brunes de sa fille.
- Que... que... Ta coiffure ! bégaya-t-il.
- Ben quoi ma coiffure ? demanda innocemment Claire.
- Tes cheveux blonds, il sont... bruns ! Misère !
Le roi leva les yeux au ciel et soupira. La journée allait être longue...
- Et puis zut, reprit-il, après tout, ça c'est le travail de ta mère !
- Oh ! Quelle honte ! s'emporta la jeune fille. Je fais une bêtise et tu ne me grondes même pas !
- Mon trésor, je sais pourquoi tu as fait cela, et je sais aussi que tous les chevaliers sont, sans exception, moches, mal élevés, bêtes,
ignorants... Mais quoiqu'il arrive, tu épouseras le gagnant de ce tournoi !
- Père ! Tu n'as pas de cœur, fit la princesse en se levant, les poings serrés. A la place tu n'as qu'un estomac, et ce n'est pas pour rien que
l'on t'appelle "Le Grassouillet" !
Le roi ne voulut rien entendre de plus. Il se leva et se dirigea vers la porte de la chambre.
- Il faut que je fasse quelque chose pour ses cheveux, chuchota-t-il pour lui-même.
- J'ai tout entendu ! fit sa fille. Et je ne veux pas changer : ainsi aucun chevalier ne voudra m'épouser !
Sous un soleil de plomb, les chevaliers enfilaient péniblement leurs armures. L'un, beaucoup trop gros et surnommé Vent-ventru, ne parvenait
pas à enfiler son plastron. Ils étaient tous pressés d'aller se battre malgré le stress. Beaucoup de chevaliers s'échauffaient et faisaient de grands mouvements avec leurs épées.
Rémi du Bouchon, rouge comme une tomate, se tenait aux bancs du vestiaire pour se glisser dans son armure. L'un des chevaliers lui demanda
:
- Qu'as-tu ?
- Rien, j'ai... j'ai fait une super... hic... fête !
L'écuyer de Rémi du Bouchon lui demanda :
- Est-ce que vous allez bien ?
- Oui... hic... très... hic.. bien !
L'écuyer du chevalier Chris le Poivre éclata de rire en entendant le chevalier répondre. Tous les chevaliers mirent leur heaume.
- Attendez-moi ! cria Rémi aux chevaliers qui sortaient de la tente.
- Dépêche-toi, petit-gros ! lui lança Chris le Poivre.
Il zigzagua entre les chevaux, sentant la bière à plein nez.
Une fois à cheval, Rémi du Bouchon se retrouva vite à terre. Les jeunes enfants gloussaient et se tortillaient par terre. Les spectateurs se
mirent alors à crier : "alcoolique... alcoolique !"
"A ce rythme-là, je vais être vite mariée", pensa la princesse Claire.
- Ca commence à m'énerver, bougonna-t-elle.
- Qu'elle est agaçante, dit le roi à sa femme.
- N'en fais pas trop ma fille, répliqua sa mère.
Rami du Cocard tombe à son tour de cheval avec un bras cassé.
Claire n'en pouvait plus : il fallait qu'elle fasse quelque chose! Et si elle sabotait le tournoi ? Elle s'excusa auprès de ses parents
:
- Je dois m'absenter un peu pour aller faire une potion... heu, faire un petit pipi, se reprit la Princesse.
Et elle se dirigea vers le chateau.
Dans son petit laboratoire secret, elle concocta une potion avec un oeil de crapaud, de la bave de girafe, et des crottes de tortue, sans
oublier une pointe de piment écrasé. Il lui suffisait maintenant de faire boire cette potion à une fourmi pour la transformer un ogre. "Le tournoi sera un vrai fiasco" se réjouit-elle en
repartant.
La Princesse Claire partit à la recherche d'une fourmi. Elle traversa l'immense jardin du chateau dans lequel elle trouva des fourmis rouges et
noires. Elle préféra prendre la fourmi noire, car la rouge risquait de la piquer. La fourmi s'exclama :
-Hé ! Fais gaffe où tu marches !
- Excuse-moi, petite fourmi, veux-tu boire quelque chose ?
Elle la mit dans une fiole vide qu'elle reboucha et emmena la fourmi.
Elle jeta des gouttes de potion sur la fourmi et lança une incantation :
"Younabala Younabali, que cette fourmi devienne un ogre".
- Hé ! Cool ! eut tout juste le temps de s'exclamer la petite fourmi.
La fourmi devint un ogre immense, plus haut que le château de David VIème, de couleur marron, avec des sabots à la place des pieds. Ses trois
yeux étaient jaunes et vraiment très laids.
- Ogre ! Vas tuer les chevaliers.
- Oui. Moi tuer chevaliers, répond la fourmi-ogre.
Il rentra dans le tournoi et démollit tout ce qu'il voyait. La foule criiait. L'ogre attrapa un chevalier et le croqua à pleine dents. Puis, il
tua un second chevalier en claquant un doigt sur son front. Il bouscula plusieurs tables au bord du champ.
Le roi et la reine criaient dans les tribunes. La princesse commençait à bien s'amuser. Hélas, ses réjouissances ne durent pas...
Un chevalier arriva par derrière, c'était Vent-Ventru ! Il sauta sur l'ogre en s'exclamant :
- Ca c'est bon pour mon régime !
Chris le Poivre lança une corde dans les jambes de l'ogre pour l'immobiliser.
- A mort l'ogre ! lancèrent les chevaliers en accourant avec leurs lances.
Des gardes arrivèrent pour ligoter l'ogre comme un saucisson.
Au moment du coup de grace, l'ogre redevint une fourmi. De surprise, la princesse fit tomber sa potion...
à suivre bien sûr...
Par K.Rine
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Publié dans : Vie des colles... d'école!
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