Elle vit dans un nuage, loin du bel azur,
Et cet épais brouillard en rien ne la rassure.
Elle avance à l’aveuglette, jour après jour,
Dans une vaste ouate dépourvue de contour.
Sa vie n’a pas changé : il y a le boulot,
Les courses, et le cadet à conduire au judo,
Puis elle s’occupe de la maison si jolie
Dont ils payent depuis quinze ans le lourd crédit.
Fleurir le perron, et nettoyer les allées…
Tout doit y sentir bon, nul ne doit se douter…
Et c’est seulement quand les enfants sont au lit,
Et que sournoisement tombe l’horrible nuit,
Que reviennent les doutes et l’inquiétude.
Elle ne pourra jamais se donner l’habitude,
Accepter qu’il ne rentre encore pas ce soir,
Aller se coucher toute seule dans le noir.
Alors elle attend, figée sur le canapé
Qui à tant de querelles a déjà assisté.
Elle zappera les chaînes, son esprit ailleurs,
Qui n’offrent qu’une certaine vision du bonheur.
Le sommeil l’enveloppe presque tendrement,
Comme pour ne pas l’effrayer dans son tourment,
Sa tête roule lentement sur le dossier.
Encore une nuit de silence à oublier…
Soudain, elle se réveillera en sursautant,
Le corps meurtri mais le cœur comme un fou battant
Quand il franchira la porte au lever du jour,
En lui adressant un indifférent « bonjour ».
Aucune explication.Il ira prendre un bain,
Une chemise propre, embrassera ses gamins…
Et repartira travailler pour la journée.
Qui sait, ce soir se sera-t-il enfin lassé,
De ces filles d’une nuit… ?
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Bienvenue dans mon Petit Monde qui ne tourne peut-être pas toujours très rond : et pourtant, il tourne! Venez partager mes écrits et vous détendre un peu... Un p'tit café ?
Vous me dîtes :