Lundi 21 juillet 2008
Allez, j'avoue : j'ai commandé ce livre chez mon éditeur pour aider à sa sortie ! Sur le moment, je n'étais pas du tout persuadée d'y trouver mon plaisir. Un bouquin sur la Grèce Antique ? Mais ça doit être trop super barbant ! Rien qu'à me rappeler Soeur Janine qui nous faisait les cours de mythologie latine, mes poils se hérissaient... Lène me comprendra sûrement !! LOL.

Mais bon, d'un autre côté, j'avais tout de même lu un petit extrait et trouvé l'écriture sympathique et pleine de clins d'oeil alors, pourquoi pas ?
C'est donc avec l'appréhension d'un lycéen qui a fait l'impasse sur le sujet au bac et tombe dessus à l'oral de rattrapage que j'ai fini par me lancer dans la lecture du bouquin.

Bon là, sans vouloir absolument envoyer des fleurs à mon éditeur,  je dois bien reconnaître encore une fois que prendre en main l'un des livres des Editions Michel Champendal est toujours un plaisir car ils sont beaux. Le format est agréable, le papier et la reliure ne partent pas en vrille au troisième chapitre (et je suis une pro pour mettre en vrac les reliures, croyez-moi !), bref la lecture y est aisée.

M'enfin, avouons-le, tenir un beau livre ne suffit pas à ce qu'il nous plaise (enfin, du moins pas pour moi !).

Je suis donc partie à l'assaut du vieil Athènes, revivant parallèlement mon voyage en Grèce lors de mon année de première littéraire... Et je me suis laissée prendre au récit en très peu de pages... Car avec tout son talent d'ancien professeur et de nouvel écrivain, Gaëtan Rudent nous plonge dans la vie d'Athènes aux côtés de personnages attachants dont les destinées nous permettent d'explorer les moeurs, mais aussi l'histoire et la politique de la Grèce Antique. Et une fois qu'on est dedans, on n'en sort plus ! Et la fin m'a laissée sur ma faim ! J'avais envie d'entendre encore le vieil esclave lettré me parler de ses amis, et de ses maîtres...

Mais je ne veux pas trop en dire ! Si ce n'est qu'il faut
acheter ce livre sans se poser de questions sur ses propres connaissances du sujet : elles s'amélioreront avec le récit !

Et pour le plaisir, vioci l'extrait qui m'avait fait craquer !

"...nous autres, Grecs, avons compris que le moteur de toute action animale ou humaine est alimenté par deux types d'énergie : la crainte et l'amour. Participant d'un peuple éminemment intelligent (on n'a pas fini de le dire), le Grec utilise judicieusement l'une ou l'autre source d'énergie. Grosso modo, avec les ennemis, les animaux, les esclaves et les femmes, il joue sur la crainte.

Avec les enfants, je veux dire les garçons évidemment, il a remarqué depuis longtemps qu'il était plus avantageux de jouer sur l'amour. Mais pas n'importe quel amour désordonné, mal ciblé. On voit ce qu'un tel amour anarchique a pu provoquer dans la destinée de notre Pamphile ! Non ! Le super carburant de notre moteur doit être l'amour raisonnable, raisonné et raisonneur de l'homme mûr pour l'éphèbe folâtre, et en retour, l'amour admiratif et reconnaissant de celui-ci pour celui-là.

L'homme fait tient à se montrer parfait, dans les domaines qu'il peut, pour séduire le mignon. En retour, le feu follet a à coeur de s'assagir pour mériter les compliments, l'estime et les bonbons de l'Ancien. La pédérastie est donc un élément fondamental de notre éducation nationale. Je ne sais quel gros bonnet disait l’autre soir chez Platon que l'armée idéale serait une armée composée d'amants. Chacun désirant briller par sa bravoure aux yeux de son chacun, les batailles seraient des anthologies de hauts faits, et cette armée serait invincible ("mais non pas un vain cul" avait lâché le pitre de service, sans faire rire personne pour une fois). Nous savons ce que nous devons aux femmes : elles nous font des enfants et il n'est pas question de les faire chômer.

Mais pour ce qui est de l'amour, elles ne font pas le poids. Quel plaisir pourrait-on éprouver à les étonner, les convaincre, les forcer à admettre l'inadmissible ? Elles sont tellement naïves ! Et si elles répondent, il est si facile de les faire taire d'un bon coup sur le nez ! Le jeu n'en vaut pas l'huile de la lampe. Alors que forcer un adolescent rétif à reconnaître qu'il a tort, ça, c'est du grand sport ! Et, pour un petit imbécile, attirer et fixer sur ses fesses le regard d'un vétéran des guerres médiques, c'est une belle victoire..."

par K.Rine publié dans : La vraie littérature communauté : Passion: l'écriture
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