Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 22:16
Et si c’était LE livre de la rentrée littéraire ?

Quand je lis le mot « pastiches » sur la couverture d’un bouquin, j’ai bêtement en tête deux choses :

•    Je vais bien m’amuser
•    L’auteur va proposer des blagues à deux balles qui ne lui auront pas demandé beaucoup d’efforts.
J’avais raison. A moitié…
Oui, je me suis sacrément bien amusée à lire ce roman étonnant et qui sort des sentiers battus.
Non ce ne sont pas des blagues à deux balles mais une recherche littéraire stylistique poussée jusqu’à l’extrême et qui tourne en dérision les auteurs les plus connus de notre génération. Et c’est là précisément que ce livre m’a fait halluciner : que l’on connaisse ou pas les auteurs en question, on les connaît bien mieux après avoir lu le livre de Pascal Fioretto ! A chaque chapitre, l’auteur change de style et adopte celui de l’un de nos célèbres écrivains contemporains. Quelle prouesse ! Quelle lucidité ! Quel boulot ! Et c’est ainsi qu’une dizaine de romanciers y passent…

Dès les premières lignes, deux solutions font face au lecteur :

•    Soit on identifie immédiatement de quel auteur Pascal Fioretto fait le pastiche, et connaissant son écriture on se marre du pastiche.
•    Soit on n’a jamais lu l’auteur tourné en dérision et on rigole tout de même car tous ses défauts d’écritures (qui ne sont pourtant que sa marque de fabrique, son style qui plaît tant à ses innombrables lecteurs) sont mis en exergue et c’est du bonheur !
Et tout cela mené tambour battant sur fond d’intrigue policière dont le commissaire Adam Seberg (non non, vous ne rêvez pas, Fioretto pastiche bien Vargas et son Adamsberg !) est le pseudo héros.

Evidemment, je ne résiste pas à vous donner quelques exemples. Cherchez donc de quel auteur il s’agit !
Extrait 1 :« Le lieutenant Antoine Glandard se leva de bonne heure et se fit un café noir. Après une douche bleue, il enfila un pantalon vert et mit une chemise blanche. En regardant par la fenêtre ouverte, il vit dans l’aube le jour naissant qui se levait. Dehors, à l’extérieur, un moineau gracile chantait une suave ritournelle musicale sur une branche d’arbre. »
Extrait 2 : « - C’est-à-dire que nous sommes là pour…
-    Je sais pourquoi vous êtes là, Messieurs, et ne comptez pas sur moi pour tenter pathétiquement de vous résister. Il suffira d’un signe, un matin. Un matin tout tranquille, et serein. Quelque chose d’infime, c’est certain. C’est écrit dans nos livres, en latin. Voici mes mains, voici mon cou, permettez simplement que j’enlève ma cravate et faites votre devoir. Elle est à vous…
-    Votre cravate ?
-    Vous n’y pensez pas, c’est une Vuitton. Mon âme, Messieurs. »

Bref, du pur bonheur !!!

Je crois que la phrase qui m’a le plus fait rire a été : « Vous délirez, commissaire : personne n’est jamais revenu vivant du royaume des morts »…

A la longueur de mon billet, vous l’aurez compris : n’achetez pas le Goncourt, achetez plutôt le super libre de Pascal Fioretto : vous êtes certain de passer un moment hilarant !

Extrait 1 : Bernard Werbeux
Extrait 2: Jean D’Ormissemon

K.Rine
Par K.Rine
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