Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /Nov /2008 19:24
Mes chers blogonautes,

Me voici de retour d’un long et bel après-midi de jeune auteur, passé dans une salle immense où environ quatre-vingts éditeurs avaient aligné leurs stands et présentaient leurs livres.
Je suis épuisée.
Et j’ai aussi un peu froid.
Il faut dire que mes vêtements sont tout déchirés et je me félicite d’avoir enfilé plusieurs marcel, tee-shirt, sous-pulls, pulls et blousons (et je ne parle pas des string, tanga, culotte, pantis, caleçons et pantalons !) sinon j’aurais dû reprendre le métro dans un triste état !
Mais laissez-moi vous narrer cette folle aventure…

C’était mon premier « vrai » salon du livre puisque cette année, lorsque je me suis rendue à celui de la Porte de Versailles, je n’étais armée que de mon plus beau sourire et n’avais aucun livre à présenter. Mais aujourd’hui, c’est toute une pile de Le roman de Marjolaine qui se dressait fièrement devant moi, à presque 1,50m de hauteur. Ceci étant dit, je n’ai pas vu immédiatement cette pile car à 14h le salon était déjà bien rempli et j’ai dû me frayer un chemin parmi cette foule de lecteurs jusqu’au stand des Editions Michel Champendal
Parvenue à destination, je n’ai pas eu le temps de faire le tour de la table car la foule a brutalement bifurqué dans ma direction. Je me poussais doucement en ôtant mon blouson, et regardais derrière moi vers qui pouvait ainsi converger tout les regards humides de ces gens qui fonçaient vers moi en hurlant. Personne… Je me tournai de nouveau vers les premières personnes qui m’empoignèrent sans ménagement, tentant qui de me serrer la main, qui de m’embrasser, qui d’emporter un morceau de mon pull ou de prendre mes empreintes digitales.
Quelle panique !
Tous me parlaient mais je ne comprenais rien !
Je reculai péniblement pour me cacher derrière le stand, tandis que je sentais qu’on tirait sur mon jean. Mon garde du corps, une certaine Anne-Sophie à l’imposante carrure, tenta de se placer entre mes agresseurs et moi, et la foule rugit d’indignation. J’attrapai le bord de la table tandis que Michel se cramponnait à mon bras pour me faire passer derrière le stand.
Soudain, un coup de feu éclata. Il y eut un silence instantané, irréaliste. Je relevai la tête, sonnée par le bruit de la déflagration qui résonnait encore à mes tympans, et découvris Michel, révolver fumant au poing, lèvres écumantes, qui fixait les lecteurs d’un œil hargneux.
-    Reculez ! vociféra-t-il. Et en file indienne pour les dédicaces !
Damned !
Ils voulaient donc tous mon roman ? « Mais nous n’aurons jamais assez d’exemplaires » me dis-je en prenant place sur une petite chaise inconfortable.
Anne-Sophie obligea quelques récalcitrants à rentrer dans les rangs, et j’aperçus avec un ébahissement sans nom Marie-Françoise, membre éminent du comité de lecture, apporter sur un chariot électrique une palette de quelques 1500 exemplaires de mon livre... Incroyable !
J’attrapai mon stylo bille rose à paillettes, et tous furent dédicacés en moins de 10 minutes.
J’en avais presque terminé avec la première vague de lecteurs, quand un homme brun à la barbe savamment non rasée se planta devant moi, et s’empara avidement de l’un des exemplaires de mon roman. Son visage me disait vaguement quelque chose…
-    Madame Carville ! lança-t-il au comble de l’émotion. Je suis votre fan de la première heure ! Ah si vous saviez ! Je vous lisais déjà lorsque vous lanciez vos petits textes sur votre blog ! Ah quel bonheur de vous rencontrer enfin !!!
-    Merci merci, lui répondis-je flattée. Et à qui dois-je dédicacer cet exemplaire ?
-    A Marc… Marc Lévy.
J’avoue, mes chers carnettonautes, que je crus un instant à une blague et cherchais la caméra des yeux… Marc Lévy ? Pourtant, à le regarder de plus près…
-    Ah je l’avais dit à mon éditeur qu’il fallait vous publier ! Mais il ne m’a pas écouté le bougre ! Et c’est donc ce Michel Champendal qui vous a édité… conclut-il en lançant un regard torve sur mon éditeur.
Michel lui rendit son coup d’œil, non sans croiser les bras sur sa poitrine histoire de mettre en évidence le flingue qu’il tenait toujours.
-    Notez que c’est une excellente maison d’éditions indépendante ! s’empressa d’ajouter le beau brun.
Je lui rendis son livre en me maudissant de ne pas avoir un morceau de papier sous la main où il pût apposer son illustre paraphe. Et me mordis les lèvres pour ne pas lui hurler en ôtant les lambeaux de pulls qu’il me restait : « Signe sur mon corps, Marc !! »…
Le reste de la journée se passa sans souci. Nous vidâmes trois palettes de bouquin, soit environ 4 500 exemplaires. « Petite vente ! » conclut mon éditeur vers 17 heures, visiblement un peu dépité.
Je me rhabillai comme je pouvais et me pressai alors de rentrer chez moi pour vous raconter cet incroyable après-midi.

Tellement incroyable que, bien sûr, vous n’y avez pas cru, n’est-ce pas ?!
Hi hi hi … Tout de même, ça aurait été drôle, non ? ;-)

Allez, en réalité je n’ai vendu aucun livre bien sûr ! Les gens passent, et jettent à peine un regard de peur que si vous leur parlez ils soient obligés d’acheter votre foutu roman !! LOL. Mais par contre je peux vous assurer qu’on a rigolé comme des petits fous. Et que moi j’ai acheté des bouquins chez les autres éditeurs, et toc !
Bref, je retournerai avec plaisir dans une manifestation similaire car cela vaut le coup pour les quelques personnes qui ont pris le temps de papoter un peu avec moi. Et petite pensée à cette dame charmante qui est passée peu avant 17 heures et m'a félicitée d'écrire dans le genre sentimental. Merci ! Cela fait du bien ! :D

Très belle soirée à tous !
K.
Par K.Rine - Publié dans : Je suis écriveronne - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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