Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 22:14

J’étais en train d’écrire la dernière scène de mon nouveau roman quand ma boîte mail a émis le « blong » caractéristique de son remplissage. Machinalement, je jetai un œil sur l’expéditeur du message et découvrai, non sans plaisir, qu’il émanait de mon éditeur. Puisqu’il me fallait m’arrêter une seconde pour aller vérifier une connaissance sur internet (vive les dicos et autres encyclopédies quand on écrit !), autant ouvrir de suite le mail…


Bonne nouvelle : une librairie bretonne avait commandé un exemplaire de mon roman, pour l’un de ses lecteurs sans aucun doute. Décidément, elle aura voyagé Marjolaine !

Mais le reste du mail me fait l’effet d’une douche froide : Michel Champendal m’annonce qu’il met la clef sous la porte, faute de vendre suffisamment de ses livres. Tout en me souhaitant de trouver un autre éditeur…

J’ai dû relire le mail au moins trois fois, l’air hébété. Voilà. C’était donc ainsi que s’arrêtait (momentanément ?) mon aventure passionnante d’auteur édité. Qu’allait donc devenir Marjolaine ?

Mes yeux se posèrent sur la page word qui m’annonçait les 325 pages déjà écrites sur L’arbre de Johanne. Et elle ? Où irait-elle ? Quelle serait sa destinée ?

Impossible de me remettre à écrire. J’étais comme vidée de toute substance. On m’aurait abattue une batte de base-ball derrière le crâne que je n’aurais pas été plus vivace… Je me sentais comme un chien qu’on aurait sorti quelques mois plus tôt de sa cage à la SPA, nourri, mis devant un bon feu de cheminée pour passer l’hiver, puis soudainement ramené dans la cage glaciale et puante de la centrale canine… Abandonnée. Oui, c’était bien cela… Les liens qui unissent un auteur et son éditeur sont tellement intimes (quand les relations sont bonnes !), qu’il est difficile de ne pas se sentir rejeté quand le second quitte le premier.

Bien sûr, Michel Champendal restera mon ami. A vie très certainement. Nous partageons bien plus, je pense, que le simple goût d’écrire. Mais tous les espoirs de voir un second roman édité chez lui, ce qui me ravissait, sont perdus, engloutis par cette crise dont tout le monde parle…

Evidemment, rien ne m’assurait que L’arbre de Johanne aurait obtenu une réponse affirmative auprès du comité de lecture des EMC ! Mais j’étais certaine d’y trouver un œil sincère sur mon tapuscrit, et des conseils pour m’améliorer en cas de refus. Ne suis-je pas une écriveronne ? (Ne bondis pas ainsi de ta chaise, chère Mélina, tu vas finir par te blesser !). Aujourd’hui, Johanne est presque bouclée. Il ne me reste plus que l’épilogue à écrire. J’ai la scène dans la tête, y’a plus qu’à ! C’est le plus long roman que j’ai jamais écrit…

Et soudain, je me sens plus romancière qu’écriveronne, parce que vous êtes étonnamment nombreux à me demander : « Alors ? C’est pour quand le deuxième roman ? ». Et j’ai à présent affreusement peur de vous décevoir… Pourquoi ? Parce que durant les premières heures qui ont suivi le mail fatal de mon éditeur, j’ai bien cru que tout s’arrêterait là. Définitivement. Terminé ma petite vie parallèle d’auteur édité… Et puis j’ai compris qu’éditée ou pas, le plaisir d’écrire était toujours en moi, plus vif que jamais car je me suis prouvée avec Johanne que je pouvais écrire un long roman (nous n’en sommes pas encore aux 500 pages, je le reconnais, mais soyez un peu compatissants LOL !) dans un genre que je ne maîtrisais pas à la base. Et j’ai repris confiance.

J’avais eu de la chance jusqu’à présent. Une chance de cocue ! (Chériiiii ? Tu fais quoi lààààà ?). Avoir trouvé un éditeur sans avoir eu à le chercher, fallait le vivre pour le croire ! Aujourd’hui, je vais devoir prendre mon courage à deux mains et taper aux portes des autres éditeurs. Bref, faire le chemin normal que je n’ai jamais osé faire avant. Pourquoi oser maintenant ? Parce que vous avez lu Le roman de Marjolaine. Et vous avez aimé. Je me sens subitement « responsable » de mon lectorat. Cela ne se limite plus à quelques dédicaces. J’ai une grosse centaine de lecteurs qui ont acheté mon premier livre et que je ne veux pas décevoir.

Alors ce soir, alors que L’arbre de Johanne se termine, je me dis que l’aventure ne se finira pas là. Je vais montrer ce roman aux éditeurs. Tenter d’en trouver un qui aimera mon histoire. Et si jamais cela ne se produit pas, alors nous reprendrons ensemble le système de souscriptions des EMC et je ferai imprimer moi-même ce second opus.

Et après ?
Non, ça je n’en sais rien. C’est trop loin… Tout dépendra de ce que mes lecteurs penseront de mon second roman… Mais je peux déjà vous dire que ce ne sera pas le dernier, même si plus rien de moi ne sera peut-être jamais plus édité par la suite ! Parce que j’aime vous raconter des histoires, tout simplement…
Par K.Rine - Publié dans : Je suis écriveronne - Communauté : Passion: l'écriture
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