Mercredi 25 mars 2009
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10:30
Chers blogonautes,
voici, rien que pour vous, une nouvelle...
En vous souhaitant beaucoup de plaisir,
K.
Sa Nuit
Il ajusta ses lunettes de soleil et sortit de sa berline aux vitres fumées en tournant le dos au soleil qui déclinait. Un désagréable picotement lui électrisa l’échine et il retint de justesse un
grognement. Il détestait sortir en plein jour. Même pour ramener la délicieuse nièce de son patron chez elle, avant la nuit bien sûr…
Il fit le tour de la voiture d’un pas qu’il voulait pesant, et ouvrit la porte à une jeune femme à la peau délicate. Elle lui sourit chaleureusement tout en glissant son corps svelte à ses côtés.
De lourdes boucles brunes encadraient son visage volontaire que des yeux bleus comme la nuit adoucissaient miraculeusement.
- J’aurais pu prendre le bus ! lui fit-elle en calant son sac à main dans le creux de son coude.
- J’aurais pu me faire étriper… lui répondit-il, bourru.
- Vous n’êtes pas drôle John ! soupira-t-elle en lançant un coup d’œil vers les voitures qui arrivaient en sens inverse.
- C’est juste que vous ne saisissez pas mon humour…
Elle rit franchement en s’élançant entre deux automobiles un peu trop pressées. Il la rattrapa d’un bond et la poussa légèrement vers le trottoir opposé.
- J’ai eu dix-huit ans, je sais aussi traverser vous savez !
Ses yeux saphirs brillaient dans les derniers rayons solaires. Jusqu’à quand lui résisterait-il ?
- Les deux automobilistes que nous venons de croiser doivent en douter à présent, lui répondit John en détachant son regard de ces joyaux trop attirants.
- Et mon oncle n’a pas trop peur que je vive seule ici ? lui dit-elle en désignant un bâtiment du menton.
La maison, légèrement typée coloniale, étalait sa façade impeccable derrière une haute grille noire en fer forgé. La richesse ostentatoire de la bâtisse disparaissait cependant auprès des autres
habitations encore plus luxueuses qui l’encadraient.
John sourit imperceptiblement : seule ? Si elle savait…
Il attendit qu’elle trouvât ses clefs dans son sac, puis la suivit docilement jusqu’à la porte d’entrée.
- Vous comptez inspecter toutes les pièces ? demanda-t-elle en se plantant sur le seuil.
- Ordre de votre oncle, fit-il en la poussant gentiment.
Un profond soupir d’ennui retentit derrière lui. L’agacement de la jeune femme était compréhensible. Mais depuis le décès de sa mère, il fallait bien que quelqu’un veillât sur elle…
Il n’y avait personne dans la maison, mais John fit le tour des pièces pour sauver les apparences. Puis il redescendit dans le large hall pour prendre congés de la nièce de son patron. Elle apparut
devant lui, pieds nus, sa robe légère flottant autour de ses genoux.
- Avez-vous bien tout vérifié John ? dit-elle d’un ton bien trop sérieux.
- Oui Mademoiselle.
Elle parut voler plus que marcher jusqu’à lui. Ses yeux bleus n’étaient que deux fentes moqueuses.
- Etes-vous bien certain que personne ne s’est glissé sous mon lit ?
Sa voix était d’une chaleur surprenante. « Ça promet… » songea John en refusant de respirer son parfum trop enveloppant.
- Personne. J’espère que vous n’en serez pas trop déçue… la nargua-t-il dans un sourire renversant.
Elle hésita, prise à son propre jeu. Puis rit de bon cœur.
- Merci John. A bientôt…
Elle ne jouait plus. Et c’était certainement ce qu’il aimait le plus en elle : cette sincérité presque aussi provocante que ses paroles aguichantes.
- Au revoir Tania.
Elle le regarda quitter la propriété. Dans l’obscurité qui montait doucement, il paraissait se mouvoir plus lestement. Depuis combien d’années le connaissait-elle ? Cela ne se calculait plus. Comme
si le temps n’avait aucune importance pour lui…
... à suivre ...
Par K.Rine
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Publié dans : Nouvelles
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