Mercredi 1 avril 2009
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Pour ceux qui ont loupé le début, c'est par ici !
Pour ceux qui n'ont pas vu passer la seconde partie, elle est là !!
Et enfin... Bonne lecture et beaucoup de plaisir à tous !!!
Le chemin n’en finissait plus. Il courait devant elle, à la fois droit et semé d’embûches, vers une destination inconnue. Elle aurait
aimé s’arrêter un peu sur le bas côté, regarder en arrière pour savoir d’où elle venait, mais une force surnaturelle la poussait en avant. Une sourde angoisse lui nouait l’estomac. Pourquoi se
retrouvait-elle ici ? Comment y était-elle arrivée ?
Tania força l’allure et se mit à trottiner : quitte à suivre ce sentier caillouteux, autant arriver rapidement à sa fin. S’il y en
avait une… Son cœur cogna plus fort dans sa poitrine et la peur lui brûla la gorge. Elle avait soudainement envie de crier, d’appeler à l’aide, certaine que quelqu’un la poursuivait. Elle ne
pouvait pas en être certaine car « on » lui interdisait toujours de se retourner, mais la présence était palpable. Elle n’avait qu’une seule solution : courir !
La jeune femme tenta de se raisonner, de se convaincre que tout cela n’était qu’un mauvais rêve, mais tout son corps la persuadait du
contraire. La sueur perla à son front, et colla les cheveux de sa nuque. Elle frissonna puis, sans même sans rendre compte, accéléra encore. Une silhouette apparut sur le bas côté, non loin de la
ligne d’horizon. Quelqu’un ! De l’aide ! Tania ferma les poings et allongea sa foulée. Elle devait absolument arriver jusque là, se forcer à aller plus vite, ne pas se laisser rattraper par cette
présence qui la terrorisait.
Un goût métallique se répandit dans sa bouche. Combien de temps pourrait-elle continuer à ce rythme ? Son jeune cœur battait contre
ses côtes à une vitesse impressionnante. Ses muscles brûlaient de l’intérieur tandis que son déplacement créait un vent frais sur son visage rougi. Et la silhouette semblait encore si lointaine !
Tania serra les dents à s’en faire mal. Une larme incandescente dévala sa joue crispée. Plus vite ! Elle ne voulait pas se laisser effleurer par la bête qui la harcelait.
Dans un effort démesuré, elle prit encore de la vitesse. Ses yeux accrochaient la femme qui l’attendait comme un naufragé une bouée
de sauvetage. Elle allait y arriver ! Encore quelques secondes et elle serait en sécurité, aux côtés de sa mère… La jeune femme eut l’impression que son cœur gonflait irrésistiblement dans sa
poitrine alors que sa bouche s’ouvrait sur un cri muet : « Maman ! ». C’était impossible. Elle le savait. Mais elle voulait y croire !
Les lèvres de sa mère remuèrent lentement. « N’aie pas peur… » put-elle y lire.
Non, elle n’avait plus peur. Dans un instant elle serait dans les bras de cet être qu’elle avait tant aimé…
« John est là pour toi… »
John ? Que venait-il faire ici ?
Horrifiée, Tania vit les traits de sa mère devenir flous. L’ovale de son visage prit un accent plus ferme, ses yeux clairs foncèrent
inexplicablement… Non, elle ne pouvait pas disparaître ! Elle la touchait presque !
C’est alors qu’elle sentit le souffle chaud de la Bête contre sa nuque. Elle l’avait rattrapée ! La sueur et les larmes voilèrent son
regard mais la jeune femme décida de lui faire face. Elle eut tout juste le temps d’apercevoir deux onyx fondre sur elle. Une terrible douleur lui transperça le cœur. En apnée, Tania chercha
farouchement à reprendre sa respiration. En vain.
Elle avait été foudroyée.
Son tambour interne ne résonnait plus à ses tympans… Le silence qui l’enveloppait était suréaliste…
Elle lança un regard fou derrière elle. A la place de sa mère se trouvait John. Il lui tendit les bras et elle sentit sa main
glaciale se poser sur sa peau nue. Elle réalisa que c’était la première fois qu’il la touchait vraiment.
Terrifiée par son corps qui ne paraissait plus lui obéir, elle ouvrit enfin les yeux. Et plongea dans le regard sombre de John.
L’inquiétude qu’elle y lut ne la rassura pas.
Tania aperçut le mur de sa chambre derrière lui. Tout cela n’était donc qu’un rêve…
Elle voulut sentir l’air pénétrer dans ses poumons et se cambra pour inspirer profondément. Mais rien ne vint. Une chaleur intense
lui brûlait la poitrine. De l’air ! Elle avait besoin d’air ! Elle étouffait ! Ses doigts plongèrent sur sa gorge. Quelque chose l’empêchait de respirer, elle devait l’enlever ! Mais les longues
griffures qu’elle s’infligea n’y firent rien.
Les yeux exorbités, elle sentit les mains froides de John attraper ses poignets pour l’immobiliser. Elle tenta de lui expliquer
qu’elle ne parvenait plus à respirer, mais il se contentait de la regarder gravement. Il la regardait mourir !
- Ça va aller, murmura-t-il d’une voix chaude.
Aller ? Non cela n’allait pas aller ! Il lui fallait un médecin, la manœuvre d’Heimlich, une trachéotomie ! Tout de suite ! Elle se
débattit, le regard fou, prisonnière de l’homme qu’elle pensait être son ami, de cet homme dont elle rêvait parfois et qui la regardait s’étouffer sans bouger le petit doigt.
« John ! » hurla-t-elle silencieusement.
- N’aie pas peur. Tout cela est normal. Je suis ici, pour toi…
Normal ? Tous ses muscles étaient tétanisés et son corps semblait être un brasier furieux. Un violent spasme la secoua toute entière.
Elle crut un instant que John allait libérer l’un de ses bras et se jura d’en profiter pour lui arracher un œil. Mais il tint bon. Un autre spasme, encore plus rude, la tordit dans une position
improbable. Elle aurait aimé hurler, mais ses poumons ne contenaient plus une once d’oxygène.
A bout de force, elle eut l’impression que ses organes se liquéfiaient et sentit monter un troisième spasme. Celui-ci lui serait
fatal, elle le savait. Un puissant frisson la saisit et elle fixa l’homme qu’elle avait aimé droit dans les yeux. Il eut le culot de lui sourire alors qu’une douleur insupportable l’obligeait à
se cambrer brutalement. Elle entendit des craquements significatifs d’os qui se brisent, puis le noir l’enveloppa durement.
Par K.Rine
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Publié dans : Nouvelles
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