Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 20:46
Quand j'écris, je ne pense pas à mes lecteurs. Du moins, pas directement. Car mon premier lecteur, c'est moi ! Et si ce que j'écris fonctionne quand je le relis, il y a alors une chance pour que cela fonctionne aussi chez d'autres lecteurs. Seulement alors, j'imagine quelle sera la réaction de ma lectrice-conseil (qui se reconnaîtra !) quand elle lira à son tour ce que j'ai écris. Et si je crois qu'elle va s'esclaffer, frissonner, rigoler, vilipender l'un de mes personnages, bref avoir une réaction durant sa lecture, alors c'est gagné !

Et puis il y a aussi le moment où c'est au tour du plus grand nombre de lecteurs possible de se pencher sur mon texte. Et là aussi, mon imagination me propose tout un tas de scenarii... Car pour un auteur, c'est un cliché facile que d'imaginer le lecteur ou la lectrice de son roman...

... installé sur son canapé, dans un plaid moelleux, quelques chocolats à porté de main, Le roman de Marjolaine sur ses genoux repliés...

... réfugié sous sa couette, le regard fiévreux, le doigt tremblant de tourner la prochaine page...

... allongé lascivement sur un transat dans son jardin, sous un large cerisier d'où pendent langoureusement des grappes de fruits rouges, là, juste à portée de main...

... étendu sur le sable fin d'une plage vendéenne, avec pour seul fond sonore les rouleaux qui éclatent à quelques mètres de là dans un déluge d'odeurs vacancières...

Et puis il y a la dure réalité, la vérité toute nue, l'aveu qui tue, et la sincérité honnête qui amène l'un de mes lecteurs à me faire savoir qu'il adore lire Le Roman de Marjolaine dans un lieu calme et intime, tranquillement installé sur une grande cuvette blanche... Cela, quand on est auteur, on ne l'avait jamais imaginé !
Pourtant, immédiatement, ma créativité et mon goût de l'a propos me questionne : une fois lues, les pages de mon roman servent-elles à lustrer le fessier de mon lecteur ? Et là, loin de m'indigner, je trouve cela beau car je crois avoir inventé le premier roman écolo, utile, et biodégradable ! Reste à savoir si la qualité du papier revêt une douceur satisfaisante... Et si un partenariat avec Moltonel est possible... ? Imaginez un peu : vous déroulez le premier rouleau, feuille à feuille, tout en découvrant le premier chapitre de mon roman... Et puis, le soir, après une harrassante journée de boulot, à l'heure ou le pipi-salvateur est un bonheur non égalé, vous tirez une nouvelle feuille et reprenez votre lecture...


- Putain !! Chériiiii !
- Quoi ?
- Il est où mon chapitre deux ?
- Sais pas. Demande aux enfants... Tu veux mon rouleau de résultats de foot à la place ?

Et oui. Deux conclusions s'imposent :
a - Vous n'arriverez jamais à suivre une lecture peinard aux chiottes, même si on vous la livre sur le rouleau !
b - Votre moitié est vachement plus futée que vous car il se promène avec son rouleau de foot sous le bras toute la journée, au cas où...

Karine
Par K.Rine - Publié dans : Je suis écriveronne - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Esteb - Entre deux mondes

 

Dédicacé ?
À quel nom ?

L'Arbre de Johanne
Dédicacé ?
À quel nom ?

La vieille dame, le Rien... et les autres
Dédicacé ?
À quel nom ?

En résumé...

Les maux s'envolent mais l'écrit reste...

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