28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 21:59
Mon émotion est grande ce soir, elle saigne de mon cœur, déborde de mes paupières, tremble sous mes doigts qui tentent de retenir les mots qui s’envolent… J’ai mal depuis que je suis assise à ce bureau, car tous les souvenirs que j’ai gardés précautionneusement sous clef depuis des heures s’échappent enfin dans mon havre de paix. Dans ce lieu qui fut le témoin de nos échanges mailistiques acharnés et plein d’humour. Dans ce lieu qui écouta indiscrètement nos si longues conversations téléphoniques quand tu m’aidais à progresser dans mon métier d’écriveronne. Dans ce lieu où un sourire hilare traversait mon visage quand mon répondeur énonçait ta phrase fétiche : « Ma chère Karine, ici Michel Champendal ton éditeur qui te parle… ».

Je sais que mon répondeur ne diffusera plus ta voix grave et pleine d’esprit, que ma boîte aux lettres ne m’annoncera plus un nouveau mail délirant en ta provenance, que tu ne pourras pas suivre ma carrière balbutiante d’écrivaine comme on se l’était dit. Et que je n’aurai pas le plaisir de lire de nouveaux écrits de toi…

Je ne sais pas ce qui est le plus dur. Peut-être d’avoir pressenti il y a quelques semaines, en te quittant après un long après-midi de travail éditorial, que nous nous disions adieu plutôt qu’au revoir ? Pourtant, si je pensais que l’éloignement aurait peut-être raison de notre jeune amitié, je ne me doutais pas que la rupture aurait un goût aussi tragique…

Et puis la révolte bouscule ma tristesse. Cela n’aurait pas du t’arriver à toi ! C’est une injustice, une erreur de parcours, une folie du destin, une énorme bévue du Grand Marionnettiste… Mais si sur mon clavier tout ce que vivent mes personnages est toujours effaçable, cette fois-ci je suis impuissante à corriger ce morceau de l’histoire.

Il va donc falloir apprendre à vivre avec ton absence, sans toi. Toi qui croyait tellement en l’être humain que tu as réussi à me faire croire en moi.

Et si ce soir mes mots pleurent sur mon écran, je sais qu’ils sont relayés dans le cœur de ta famille, de tes amis et de tes auteurs sans qu’il n’y ait besoin d’Internet pour cela. Tu nous manqueras Michel, et ma maigre consolation sera d’avoir eu le privilège de croiser ta route.

Adieu mon ami,
Ta « chère Karine »


Partager cet article

commentaires

Fof 29/04/2009

Ma très "chère Karine"
Tu connais ma maladresse à exprimer mes sentiments profonds sans faire l'andouille et la mal que j'ai à les mettre par écrit ...
Je sais que ce que je vais écrire sera d'une banalité affligeante et pourtant je pense sincèrement les mots que je vais tenter d'écrire.

Oui Michel te/vous manquera.
Il était "adorable", charismatique, plein de verve et d'humour.
Je sais à quel point votre relation était importante pour toi.
Mais il sera toujours là, auprès de toi, dans tes souvenirs, tes pensées lorsque tu écriras, mais aussi lorsque tu douteras.
Ses sourires, ses conseils continueront à te porter, te faire avancer, progresser.
Tout cela est très injuste, mais vous continuerez à le faire vivre à travers vos aventures écriveronnes.

C'est bien peu, mais je n'arrive pas à m'exprimer mieux.

Juste un mot un peu personnel à rajouter :
"Je t'aime".

Fof

Jalila hamdaoui 29/04/2009

c'est comme c'est le 18 mars 1985, un jour d'une douleur insupportable et inoubliable,... c'est le jour de la mort d'une Amie intime, on faisait un programme pour la fête de reussite du bac..., elle étais en section math technique, moi math science,... voilà ça fait 24 ans et comme si c'est hier...,et la vie continue,...c'est trés beau et touchant...

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog