L'arbre de Johanne : une aventure à rebondissement !

Difficile de s'y retrouver sur un blog, n'est-ce pas ? Surtout quand on "débarque"... Il faut lire les articles à l'envers (enfin non, pas en partant de la ligne du bas, je veux dire dans le sens inverse de celui chronologique... Faites un p'tit effort pour me suivre là, s'ils vous plaît !), remonter le temps pour comprendre ce que le bloggeur (ou en l'occurence la bloggueuse) raconte, piocher des infos à gauche et à droite un peu comme un puzzle...

C'est pour vous éviter ces pénibles recherches qu'il existe aussi des "pages". L'avantage de ces dernières, c'est qu'elles sont spontanément accessibles depuis la page d'accueil du site et regroupent toutes les informations d'un même thème. L'inconvénient, c'est que vous ne pourrez y laisser de commentaires, cela redevient un site et non pas un blog.

Voici donc : la page de Johanne

L'arbre de Johanne044

D'où elle vient et qui est-elle cette nana ?
Johanne vient d'un coin obscur de mon imagination. Elle est née un peu avant la fin de l'écriture de Marjolaine; lors d'une période que j'appelle celle du booky blues : le premier roman pas encore paru, le second pas vraiment commencé, dur dur... Pourtant, Johanne est là, quelque part entre mon coeur et mon crâne. Elle me chuchote son histoire, le début et la fin, comme toujours, me laissant deviner, entrevoir, ce qui s'est passé entre les deux. Son père est mort, accidentellement. Et elle vient de découvrir qu'une terrible malédiction lui réserve le même sort dans les mois à venir. Qui pourrait l'aider ? Luc, cet ancien amour qu'elle vient de retrouver ? Sa mère à qui elle ne veut pourtant rien révéler ? Sa jeune soeur, écervelée adorable ? Hélas pour elle, même si elle ne me révèle ses secrets qu'à mi-mots, je sens que rien ne sera aussi simple qu'elle me le laisse à penser...

Encore de l'amour ?
Oui. Du moins je le croyais, au début. Mais si les passions se déchaînent dans mon nouveau roman, l'amour n'en est pas toujours le motif ! Loin de là même... Au fur et à mesure que je pénètre dans l'histoire de Johanne, les liens qui se tissent me semblent de plus en plus complexes, et diaboliques ! Merci à Michel Champendal qui, en cette délicate période où un auteur couche sur le papier ses premières idées, me pousse avec acharnement à lui livrer un plan, et exulte de joie à chaque fois que je lui livre un peu plus de cette histoire. Il l'aime. Je sens que mon livre a une bonne chance d'être de nouveau publié dans sa maison d'éditions et cela me donne de l'ardeur à écrire : à moi les nuits trop courtes et les journées à rêver. Les yeux rivés sur mon écran, dans la pénombre, mes doigts volent au-dessus des touches pour me raconter l'histoire de Johanne...

Tragédie
Le roman s'écrit, presque tout seul. Non, j'exagère un peu : il y a des personnes dans mon entourage qui me soutiennent au quotidien; et il y a Johanne qui m'entraîne dans son tourbillon d'aventures berrichonnes.
Parallèlement, Le roman de Marjolaine se vend bien (enfin, pour une jeune auteur dans une petite maison d'éditions, soit dans les 200 exemplaires à ce moment là !) et surtout les retours de mes tous premiers lecteurs m'encouragent à poursuivre dans cette voie. Je veux leur donner à lire mon nouveau roman, leur faire plaisir de nouveau, et recevoir leurs avis qui me sont devenus si précieux. J'aime cet échange "vrai". Vrai parce que je suis une écriveronne proche de ses lecteurs, et qui aime ce qu'elle fait.
Et puis un soir, alors que j'allais mettre un point final à ce nouveau roman, Michel me fait part de sa décision de fermer sa maison d'édition. Le choc est grand. C'est un cataclysme dans ma tête. Je vais mettre un peu de temps à m'en remettre. Mais le point final de L'arbre de Johanne sera mis, et la scène finale me tire les larmes aux yeux. Parce que le roman est fini ? Parce que la fin me plaît ? Ou parce que je sais que ce roman ne sera jamais édité ?

Dans un tiroir
Johanne plonge, non pas dans un tiroir comme il est coutume de le dire, mais dans une grosse boîte à archives. Parallèlement, le roman voyage chez trois de mes lectrices assidues qui ont accepté de le corriger et de me donner leur avis impartial. Cet avis m'est précieux : il me permettra de faire les ajustements nécessaires avant... avant quoi ? Rien. Michel est parti. Ce que l'on prenait pour un voyage familial se transforme en drame : Michel est mort. C'est un cataclysme dans mon coeur cette fois-ci. Et la certitude que Johanne ne sera jamais lu par mes lecteurs car je n'ai pas envie de la confier à quelqu'un d'autre qu'à lui...

Esteb
Le temps fait son oeuvre. Je continue à écrire. Autre chose. Esteb est un personnage que je connais bien, depuis si longtemps... J'avais un peu raconté son histoire à travers un premier roman dans le quel il s'appelait Vincent. Je m'étais fait les dents sur Vincent avant de retourner voir Esteb, et ceux qui savent qui est ce personnage riront certainement de ma formulation.
Les correctrices ont fait leur oeuvre : Johanne est toute belle, prête à être éditée. L'histoire plaît. Poussée par mon coach (!), j'envoie ma Jojo à quatre petits éditeurs. Pas de réponse. Puis un "non" discret sans vraiment d'explications. Je n'y crois pas, je n'en n'ai pas envie. Esteb occupe mon temps, comme tous mes personnages l'ont toujours fait avec moi.

Johanne, le retour
Il faut laisser du temps au temps.
Mon amertume passe, ma tristesse s'écoule. Esteb avance bien. Et je rouvre la boîte de Johanne... Le classeur me saute dans les bras, tout frétillant, remuant la queue comme un jeune chiot que l'on vient de sortir de sa cage d'animalerie. De quoi j'exagère encore ? Faites preuve d'un peu d'imagination mes blogonautes ! Hi hi... J'ai des amis, des anciens des EMC, qui croient toujours en moi, et qui me poussent. Oh pas beaucoup ! J'étais prête. Prête à prendre Johanne à bras le corps et à l'emmener au bout de mon rêve.
La maquette se construit. Les imprimeurs sont contactés. Un premier essai est concluant.
Je reprends la façon de faire de Michel en proposant à mes lecteurs de pré-commander mon nouveau roman afin que je puisse faire une séance de dédicace super sympa, comme la dernière fois. Ils répondent présents. C'est le bonheur... Encore deux mois (à peine !) à patienter et je pourrai de nouveau savoir si l'une de mes histoires vous a plu !
Et puis il y a Michel. Il est là, pas très loin. Il m'arrive de sentir sa présence, comme s'il était penché vers mon écran, une main posée sur mon épaule, pendant que j'écris. Je lui serai éternellement reconnaissante, je le sais. Pourtant, aujourd'hui, je suis prête à rencontrer un nouvel éditeur... Pour Esteb peut-être ?

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Les maux s'envolent mais l'écrit reste...

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